... branchez la bouilloire et préparez-vous une bonne tisane, avant de poursuivre votre lecture ! Il s’ensuit un petit exposé sur les tisanes et comment elles sont utilisées en Ayurvéda.

 

En Ayurvéda les tisanes sont une partie importante de la routine annuelle. Spécialement maintenant en automne, une période où domine le vata, une infusion peut faire des miracles. Car avec une boisson chaude on peut renforcer l’élément feu.

 

Le mot tisane vient du grec πτισάνη / ptisánê qui désigne un gruau d’orge, puis une décoction, par le latin ptisana ou tisana. C’est une boisson aux qualités curatives. On peut l’obtenir par macération (on laisse tremper les plantes dans un liquide à température ambiante), décoction (les plantes sont bouillies durant un certain temps) ou infusion (on verse de l’eau bouillante sur les plantes et on laisse infuser quelques minutes). Dans le langage commun on fait plutôt référence à la simple infusion.

 

 

Les tisanes en Ayurvéda

Les tisanes font partie de ce qu’on appelle en Ayurvéda les «kashayam» (décoction/ extraits) et sont considérées comme particulièrement efficaces. Les «kashayam» sont classés sous cinq formulations médicamenteuses:

  • jus à base de plantes « swaras »
  • pâtes de fruits « kalka »
  • décoctions intensives à base de plantes « kwath »
  • infusions froides « hima »
  • infusions chaudes « phant »

 

Les tisanes ayurvédiques sont ainsi des « phant »: des infusions chaudes, bienfaisantes et efficaces. Les feuilles, les fleurs et les plantes avec une forte proportion d’huiles essentielles peuvent être particulièrement bien utilisées. Déjà la « Sarangadhar Samhita » décrit d’une manière assez précise comment on devrait cuire une infusion : pour les besoins quotidiens il suffit de laisser tirer les plantes dans l’eau chaude pendant 3 à 5 minutes. Quand l’infusion par contre est utilisée en premier lieu comme remède, on devrait laisser tirer la plante plus longtemps. Pour la plupart des ingrédients 30 minutes est le minimum, certaines doivent même être infusées pendant plusieurs heures jusqu’à une demi-journée.

 

 

La température et les ingrédients

L’Ayurvéda prescrit aussi la température idéale des tisanes. Pour cela on a défini une échelle : froid, frais, tiède, chaud, assez chaud, très chaud

  • Les constitutions kapha devraient boire les tisanes d’assez chaudes à très chaudes
  • Les types vata devraient les boire entre chaudes à assez chaudes, pour empêcher le desséchement
  • Les constitutions pitta : les boissons devraient être tièdes

 

Les liquides froids et frais sont utilisés en Ayurvéda seulement à des fins thérapeutiques et exceptionnellement.

 

A côté de la température il en va en Ayurvéda aussi du bon choix des ingrédients. L’utilisation de la réglisse ou du gingembre ne font pas d’une tisane automatiquement une tisane ayurvédique. Dans les mélanges une stratégie claire devrait être reconnaissable. Une combinaison à part égale de gingembre échauffant et de racine de réglisse refroidissante ou de thé vert asséchant avec de la guimauve humidifiante n’a pas de sens et est considérée comme malsaine. On peut très bien équilibrer un effet intense par son contraire, mais dans des proportions différentes : 4 parts de gingembre avec 1 part de réglisse est considéré comme ayurvédiquement intelligent.

 

 

Maharishi Ayurvéda a par souci de simplicité développé des tisanes spécifiques pour les différentes constitutions. Une «tisane Vata» contient des substances qui calment une excès de vata. Elle devrait être échauffante, humidifiante, stabilisante et calmante.

Les plantes froides, sèches, stabilisantes et calmantes dans une «tisane Pitta» apaisent les excès de pitta.

La «tisane Kapha» est préparée avec des substances échauffantes, asséchantes, légères et stimulantes et diminuent le fort kapha.

Un petit conseil de la cuisine ayurvédique: au lieu de verser l’eau bouillante sur les sachets vata et kapha, vous pouvez les laisser bouillir quelques minutes dans l’eau chaude. Ceci en intensifie le goût! La tisane pitta ne devrait pas, en raison des pétales de rose, être cuite.

 

 

Chai indien

En outre : Ceux qui ont déjà voyagé en Inde connaissent le goût unique du chai, préparé à chaque coin de rue. Ses ingrédients de base sont l’eau, le lait de vache, le sucre de canne, le thé noir, le gingembre frais, les gousses de cardamome, les clous de girofle et souvent un mélange piquant de poudre masala. Le masala chai n’est pourtant pas ayurvédique mais une recette indienne ! Ayurvédiquement elle devient une vraie tisane aux épices en omettant le thé noir.

 

Sources :
ayurveda-produkte.de; ayurveda-journal.de;
Schrott und Ammon: Heilpflanzen der ayurvedischen und westlichen Medizin, Springer Verlag